Le Cognac n’a pas été créé par les Cognaçais mais par les…Hollandais ! Ce sont en revanche les maîtres de chais du Pays de Cognac qui ont donné ses lettres de noblesse à ce joyau bien local.
Le hasard miraculeuxUn climat doux et un sol riche ont permis à la vigne de s’épanouir sur les coteaux et aux Cognaçais de produire des vins qu’importe dès la Renaissance toute l’Europe du Nord. Pour qu’ils résistent mieux au voyage vers l’Angleterre, les Flandres et les Pays Scandinaves, ces vins sont chauffés et deviennent « brandewijn », c’est-à-dire "vin brûlé". Afin d’optimiser leur transport, les Hollandais inventent la double distillation au début du XVIIe siècle : l’eau-de-vie obtenue est inaltérable, et très concentrée, beaucoup moins chère à transporter. Au gré des retards pris par les chargements, on s’aperçoit que cette eau-de-vie semble se bonifier en vieillissant dans les barriques ! Le cognac est né… presque par hasard.

L’art en marche
Dès le XVIIIe siècle, le marché s’organise. Des “Comptoirs“, pour la plupart d’origine anglo-saxonne, se créent, posant des jalons commerciaux avec la Hollande, l’Angleterre, l’Europe du Nord, l’Amérique et l’Extrême-Orient. Les techniques s’affirment, la filière se structure avec, au siècle suivant, la naissance des maisons de négoce. Elles privilégient la commercialisation en bouteille et non plus en fût, ouvrant de nouvelles perspectives pour d’autres industries : les verreries avec le flaconnage, l’imprimerie pour les étiquettes, la fabrication des caisses et des bouchons. De la qualité du contenu au prestige du contenant, tout est en place : le cognac est un “art” qui, dès son origine, mêle tradition, création et innovation.
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