La fabrication du cognac est un art complexe, fruit d’un apprentissage traditionnel qui met en jeu différents métiers - viticulteurs, bouilleurs de cru, maîtres et ouvriers de chais, tonneliers.
Un processus immuable
Après les vendanges et le pressurage, le jus obtenu est mis à fermenter avant d’être distillé deux fois de novembre à mars. La double distillation ou « double chauffe » va transformer ce qui n’était qu’un vin blanc un peu acide et faiblement alcoolisé en eau-de-vie d’exception. Depuis le XVIIe siècle, les chauffes rythment les mois d’hiver des bouilleurs de cru et des distillateurs. La première distillation produit le « brouillis », liquide un peu trouble qui est remis dans la chaudière pour la seconde chauffe, la « bonne ». Le distillateur procède alors à la « coupe » : il sépare les différentes qualités d’eau-de-vie qui s’écoulent successivement de l’alambic : d’abord les « têtes » à fort degré d’alcool, puis le « cœur » limpide qui fera le cognac, et enfin les « secondes » réintroduites dans le brouillis pour une nouvelle distillation.
Un savoir-faire inimitable
L’eau-de-vie vieillit exclusivement dans des fûts de chêne. La confection d’un fût de cognac relève d’une série d’interventions très techniques qui visent la perfection. Sélection des bois, taille et préparation des planches, rien n’est laissé au hasard. Ce sont les maîtres dinandiers qui plient le cuivre à leurs quatre volontés et façonnent de leurs mains expertes les alambics dits « charentais » inchangés depuis le XVIIe siècle et d'inspiration arabe. Véritables œuvres d'art, ils sont composés d'une chaudière à la forme ventrue caractéristique, surmontée d'un chapiteau aux contours de tête de maure ou d'olive et prolongé par un col de cygne.
Le cognac est un produit vivant. Il n’y a pas un cognac mais des cognacs, résultat de l’assemblage de plusieurs eaux-de-vie parfois une centaine. Là est tout le savoir-faire du maître de chais, que l’on pourrait comparer à un « nez » comme en parfumerie. Il choisit les meilleures composantes, détecte les qualités particulières, combine les arômes, veille aux alliances, à la couleur, surveille la maturation pour élaborer des cognacs qui font l’esprit d’une Maison. C’est ainsi que par une subtile alchimie le cognac se “construit“...
Un art qui sait s’habillerLes grandes Maisons proposent des circuits de visite complets et prestigieux. Elles jouent aussi la carte du luxe avec la réalisation de flacons édités en série limitée, inspirées par des designers, réalisées dans des cristalleries ou verreries renommées comme Daum, Baccarat ou Saint-Gobain. Le packaging, au-delà d’être un argument marketing, contribue aussi à la mythologie du produit, celle d’eaux-de-vie élevées au rang d’oeuvres d’art uniques et éphémères.
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